Une campagne pour le voile à l’université

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Au sein de l’université algérienne, une campagne menée par un collectif d’étudiants a été lancée afin d’inciter les étudiantes au port du voile, alors que l’université est censée être un lieu consacré au savoir et à la recherche scientifique. À l’université, il faut surtout s’interroger sur les solutions à adopter pour permettre à l’université algérienne d’occuper une place parmi les grandes universités du monde, plutôt que de s’occuper de la tenue vestimentaire des étudiantes. En outre, cette campagne et la médiatisation dont elle bénéficie révèlent la pression psychologique et sociale que subissent les étudiantes algériennes au sein même de l’université pour leur imposer le port du voile.
Les participantes à cette campagne affirment que le port du voile n’est ni un choix ni une décision personnelle, mais une obligation et une soumission à Dieu. Elles ajoutent que le voile permet à la femme de garantir sa place au paradis et qu’il fait de celle qui le porte une fille pudique et de bonnes mœurs pour l’honneur de son mari et de sa famille. En d’autres termes, la fille ne porte pas le voile pour elle, mais pour les autres. Le tout dans une atmosphère de secte qui fait pleurer les filles dans un délire collectif.
Dans une vidéo d’el-BILAD TV, elles avancent comme preuve que le port du voile est une recommandation coranique, le verset 53 de la sourate 33, Les Coalisés : « Oh vous qui croyez, n’entrez pas dans les demeures du prophète à moins que vous n’y soyez autorisés pour un repas ; ne soyez pas fureteurs ; entrez, mais lorsque vous y êtes invités, retirez-vous aussitôt sans entamer de longues discussions, car cela perturbe le prophète, qui éprouvera une gêne à vous le dire, mais Dieu n’éprouve aucune gêne à dire la vérité ; et si vous venez demander un ustensile aux femmes du prophète, faites-le derrière un (hidjab) rideau, car cela est plus pur d’intentions pour ce qui est de vos cœurs et des leurs ; il est inutile d’offenser le prophète, de même que jamais vous n’épouserez ses femmes après lui, car cela aurait des conséquences extrêmement fâcheuses auprès de Dieu. »
Ainsi, des universitaires répètent ce qu’on leur dit au sujet du voile alors qu’elles sont censées questionner les textes et les analyser pour se forger leur propre avis sur le port du voile. Elles auraient alors compris qu’aucun verset coranique ne recommande à la femme de couvrir sa chevelure ni son visage, que le terme hidjab qui apparaît dans le verset qu’elles ont cité désigne un rideau ou une cloison, et non le voile comme vêtement, et que ce verset concerne uniquement les femmes du prophète.
Razika Adnani