Entretien – Voile : Faut-il l’interdire ? Le FigaroTV



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Aucun verset coranique ne dit que la femme doit couvrir sa chevelure ou son visage. Les trois versets évoquant une tenue spécifique pour la femme ne mentionnent ni les cheveux, ni le visage, ni la tête. Dans le Coran, le terme arabe hijab n’est pas employé pour désigner un vêtement que la femme doit porter. Les traductions du Coran en langue française qui mentionnent généralement le terme « voile », notamment dans le verset 31 de la sourate 24 et le verset 59 de la sourate 33, ne sont pas fidèles au texte original et induisent en erreur beaucoup de Françaises et de Français qui s’intéressent au sujet.

 Le verset 31 de la sourate 24, La Lumière, est celui que citent toutes les femmes portant le voile pour défendre l’argument selon lequel le voile est une prescription coranique. Pourquoi ? Parce que c’est celui que citent tous les prédicateurs musulmans pour les convaincre qu’il s’agit d’une prescription coranique. Ce verset dit que les femmes doivent jeter leur « khimar » sur leur « djouyoub ». Je prononce ces deux termes tels qu’ils apparaissent dans la version originale du Coran, c’est-à-dire en arabe, car le problème réside précisément dans leur sens. Le verset dit que les femmes doivent couvrir leur djouyoub ; il ne dit pas qu’elles doivent couvrir leurs cheveux ou leur visage. Selon certains commentateurs, ce terme arabe « djouyoub » désigne la poitrine ; selon d’autres, le col du vêtement.

Cependant, tous les commentaires affirment que le terme « khimar » signifie le foulard. Ils ajoutent que le Coran recommande aux femmes de couvrir leur poitrine avec le foulard dont elles couvraient déjà leur chevelure. C’est également l’explication que donnent aujourd’hui tous les prédicateurs pour imposer le voile aux femmes. Or, le Coran ne dit rien de cela.

Ce sont les commentateurs qui l’affirment, et non le Coran. Le Coran dit simplement qu’elles jettent leur khimar sur leur djouyoub. Dans le dictionnaire de la langue arabe d’Ibn Mandhour, né en 1233 et mort en 1311, le khimar désigne toute chose qui couvre, sans nécessairement être un foulard. Ainsi, une chaussette ou un châle peuvent être des « khimar ».

Razika Adnani analyse dans ses articles et les ouvrages d’autres versets tels que les versets 59 et 53 de la sourate 33.

Le Figaro TV, « Sortir de l’islamisme« , décembre 2024

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