L’islamisme intégriste, c’est carrément l’État qui est mis au service de la religion

Un million d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère en Afghanistan se trouvent en danger de mort si rien n’est fait pour leur venir en aide, a prévenu mardi l’Unicef.
Dans une société où la moitié de la population ne travaille pas, il est normal qu’il y ait de la pauvreté, voire de la famine. Averroès expliquait, au XIIe siècle, que, parmi les causes des difficultés économiques des sociétés musulmanes, figurait le fait qu’elles enfermaient la moitié de la population et l’empêchaient de travailler. Ainsi, seule la moitié de la population travaillait, autrement dit produisait de la nourriture, pour toute la population. Il était donc normal que la nourriture manque. Combien d’années et de siècles après, les talibans ne comprennent pas cela.
Le problème devient plus grave lorsque ces intégristes arrivent au pouvoir. Leur objectif politique premier ne consiste pas à nourrir, éduquer et soigner convenablement le peuple, ni à développer le pays sur les plans économique et culturel, ni à le renforcer sur les plans intérieur et extérieur, mais à appliquer leurs règles, notamment celles qui oppriment les femmes et les privent de tous leurs droits. Ils se précipitent alors pour les empêcher de travailler et pour les enfermer à la maison.
La politique, pour les talibans, ne consiste pas à mettre l’État au service de l’individu, mais à le mettre au service de Dieu, et surtout à permettre aux religieux de garantir leur place au paradis. C’est un détournement de l’État et de sa fonction par certains individus à leur propre profit, lequel ne se réalisera pas dans ce monde, mais dans l’autre monde.
Si l’islamisme est l’imbrication du politique et du religieux, l’islamisme intégriste place carrément l’État au service de la religion et fait de la population un moyen de garantir le paradis aux religieux.
Rappelons que le talibanisme n’existe pas qu’en Afghanistan, comme je l’explique dans mon ouvrage Sortir de l’islamisme.
Razika Adnani