Intervenants

Razika Adnani

Le Beau ou l’exigence pratique ?

Si le beau, comme le définit Kant, est ce qui procure un plaisir désintéressé autrement dit qu’une chose n’est belle que si la satisfaction qu’elle provoque est libre de tout intérêt, la recherche du beau serait-elle, dans ce cas, une perte de temps ? N’est-il pas plus judicieux et plus intéressant de se préoccuper de ce qui est utile et rend la vie plus commode ?
Cependant, l’utile peut-il se dissocier de toute dimension esthétique ? Peut-on réellement se satisfaire de l’aspect pratique des choses ? Les besoins de la vie s’opposent-ils à toute quête du beau ? Que serait la vie si seule l’exigence pratique motivait nos actes ?

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Biographie

Razika Adnani est philosophe, islamologue et écrivaine. De 2014 à 2106, elle a donné des conférences à l’Université Populaire de Caen (France) sur le thème « Penser l’islam ». Elle est Présidente Fondatrice des Journées Internationales de Philosophie d’Alger.
Elle a publié تعطيل العقل في الفكر الإسلامي هل يخدم الإسلام أم يضربه Le blocage de la raison dans la pensée musulmane est-il bénéfique ou maléfique à l’islam ? (Éditions Afrique Orient, Maroc, 2011).
La nécessaire réconciliation (Dalimen, Alger, 2013 ; UPblisher.com, France, 2014).
Razika Adnani est également auteure de nombreux articles.

RACHID DEHDOUH

Le jugement esthétique est-il l’expression d’un sentiment « privé » ou la construction d’une connaissance conceptualisable ?

L’art demeure incontestablement le fief exclusif de la subjectivité ou le lieu favori de l’expression de soi. Mais néanmoins cela n’empêche pas d’accéder avec le jugement esthétique à l’universalité, voire à une objectivité. Cette objectivité contestée, « Hume » l’enracinait dans les règles communes inhérentes à la « nature humaine ». Or récemment, la question de la nature du beau et du jugement esthétique ont connu une nouvelle formulation et une approche originale avec les sciences cognitives et la sociologie des arts.

Biographie

Rachid Dehdouh est Docteur en philosophie et enseignant universitaire. Il est actuellement Chef de département de Philosophie Univ-Constantine2. Il a publié : « Statut épistémologique de psychologie et actualité de la critique canguilhemienne », in : La formation de Georges Canguilhem : un entre-deux-guerre philosophique, Hermann 2013. « La bioéthique et la crise de la conscience occidentale ». Revue des sciences humaines, Univ-Mentouri, juin2012. En octobre 2013, « L’ eugénisme : entre réalité scientifique et manipulation idéologico-politique » : « Les temps modernes ».

RACHIDA TRIKI

Peut-on encore parler du Beau en art ?

Historiquement, le Beau a été considéré comme la norme esthétique. Les autres valeurs aujourd’hui reconnues comme valeurs esthétiques étaient considérées comme des modalités ou encore des dégénérescences du beau. Cette conception, initiée par Platon, a donné lieu, à travers son accommodation à différentes conceptions de l’art classique et même moderne, à un statut du « beau » intermédiaire entre le sensible et le suprasensible mais en gardant toujours le primat de la forme sur la matière. Aujourd’hui avec le phénomène des arts contemporains et l’importance donnée au matériau et à la sensorialité peut-on encore parler de Beau ou de belle forme ?

Biographie

Rachida Triki est Professeur de philosophie à l’Université de Tunis et présidente de l’Association tunisienne d’esthétique et de poïétique, elle a organisé plusieurs rencontres internationales sur les problèmes contemporains de la création et publié plusieurs textes et ouvrages dont : L’Esthétique et la question du sens, éd. Arcantère, Paris, 2001. L’Esthétique du temps pictural, éd. Centre de publication universitaire, Tunis, 2001. Michel Foucault. La peinture de Manet (livre collectif), éd. du Seuil, Paris, 2004. L’Image. Ce que l’on voit, ce que l’on crée, coll. « Philosopher », éd. Larousse, Paris, 2008.

ISABELLE MILLON

Isabelle Million anime les ateliers enfants

Premier atelier : Aimez-vous le beau ? Pourquoi ?
Deuxième atelier : Quand pouvez-vous dire qu’une chose ou qu’une personne est belle?
Troisième atelier : La beauté est-elle dans le regard ou dans l’objet regardé ?

Biographie

Isabelle Millon est philosophe-praticienne spécialisée en philosophie avec les enfants, formatrice, consultante et auteure d’ouvrages pour les adolescents et les adultes. Depuis une vingtaine d’années, en France et dans différents pays, elle est impliquée dans le développement de la philosophie pratique dans les écoles et dans la cité : conférences, séminaires, ateliers philosophiques. Elle a co-fondé l’Institut de Pratiques Philosophiques (Paris, France) dont elle est la Directrice.

NADIRA AKLOUCHE-LAGGOUNE

Beauté et laideur de l’art public

On observe aujourd’hui sur la scène de l’art public en Algérie l’apparition de phénomènes de statuomanie et de fresquomanie qui, sous forme d’imagerie civile et décor urbain, sont des lieux de projections symboliques qui cristallisent, sous forme commémorative, un imaginaire historique et culturel et une certaine esthétique.
En nous appuyant sur ce corpus d’œuvres visibles dans l’espace public (fresques, statues, monuments…) nous tenterons de comprendre comment, à travers les sujets, l’iconographie, les auteurs et les lieux, sont transmises certaines valeurs esthétiques et images de nous-mêmes, de notre histoire et nos imaginaires et en quoi consiste leur capacité d’identification et de projection.

Biographie

Nadira Aklouche-Laggoune vit et travaille à Alger. Elle est Chercheur / Doctorante en art (Paris X, Nanterre), elle est Maître assistant chargée de cours à l’Ecole Supérieure des Beaux-arts d’Alger depuis 1986 où elle enseigne l’Histoire et Esthétique de l’image contemporaine et dirige un séminaire autour de l’art contemporain.

YOUCEF CHENNAOUI

Au sujet de la “Venustas (beauté). Où en est-elle en Algérie aujourd’hui?”

D’après le traité de Vitruve, que nous connaissons sur le sujet, l’architecture repose sur une combinaison harmonieuse de trois principes :
ϖ Beauté (Venustas) – Solidité (Firmitas) – Commodité (Utilitas).
A partir du 20e siècle, pour chaque courant stylistique, « Le beau » sera perçu, différemment. Et chez nous en Algérie ? La crise de l’architecture fut déterminée tantôt par une adoption passéiste des stéréotypes stylistiques, tantôt engendrée par une importation de modèles occidentaux.

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Biographie

Youcef CHENNAOUI est Professeur des Universités, Directeur de recherches à l’Ecole Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme d’Alger.

BENCHERKI BENMEZIANE

Le beau et la question du vivre ensemble

Le renversement de la métaphysique kantienne au 20ème siècle a fait qu’à partir d’Heidegger, plusieurs philosophes comme E. Cassirer ont mis en exergue la valeur du symbolique qui a permis aux expressions artistiques : arts, symbole, les rites…etc, de s’amplifier et au beau de s’identifier par rapport aux spécificités des nations. Ce renversement a été considéré comme étant une ouverture de la raison, après les bornes du rationalisme, sur l’humain et le passage d’une société fermée sur soi à une société ouverte sur l’autre. Voilà le changement qu’a subi la question du beau après ce tournant philosophique. Quels sont les enjeux de ce changement ? Dans quel sens nous pouvons dire que ce changementBiographie

BENMEZIANE est Professeur de Philosophie- Département de Philosophie-Faculté des Sciences Sociales- Université d’Oran 2 Algérie. Il a participé à plusieurs colloques nationaux et internationaux.
Il a publié : La sécularisation politique et le partage de l’espace public, In Les Espaces publics au Maghreb, actes de colloque, CRASC 2013, ISBN :
978-9961-813-58-4. La méditerranée ou la quête d’un dialogue interculturel, in Violence, Religion et dialogue interculturel, Harmattan , 2010.

ANTOINE ARJAKOVSKY

La quête du sacré dans l’art moderne ( Vassily Kandinsky et Serge Boulgakov)

Vassily Kandinsky et Serge Boulgakov sont deux grandes figures de la culture russe du XXe siècle qui sont rarement rapprochées l’une à l’autre. Pourtant les deux hommes se connaissaient bien. Ils étaient même cousins par alliance. Le pasteur et l’artiste comprenaient que ce n’était pas par la morale traditionnelle qu’on pouvait répondre à Picasso. « L’art fuit devant le ‘il faut’ comme le jour devant la nuit » disait Kandinsky. Boulgakov lui appelait la génération de Lénine, en 1909, à un nouveau podvig, à une ascèse créatrice. Par leur commune volonté de réconcilier l’esthétique et l’éthique, tous deux furent des passeurs essentiels vers l’époque œcuménique qui s’ouvre devant nous. Cette époque œcuménique, je la caractérise de trois traits principaux, son personnalisme, sa quête de la Sagesse et son souffle créateur théurgique. Tous deux en définitive ont voulu donner une réponse positive à la grande question qui tourmentait leur époque de la possible représentation synthétique du beau et du bien.

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Biographie

Antoine ARJAKOVSKY est Directeur de recherche au Collège des Bernardins Paris, Co-Directeur du département de recherche Société, Liberté, Paix et Directeur de la formation AGAPAN