Razika Adnani « Réformer l’islam pour sortir de l’islamisme »
Lors de la conférence que Razika Adnani a donnée le 8 juin dernier à Paris autour de son ouvrage Sortir de l’islamisme, publié aux éditions Érick Bonnier en décembre 2024, elle était l’invitée du Club des Vigilants.
Pourquoi évoquer la réforme de l’islam comme condition pour une sortie de l’islamisme ?
Comme je l’explique dans mon ouvrage Sortir de l’islamisme, si l’islamisme signifie l’islam politique — le sens qu’on lui a donné à partir du début des années 1980 —, il ne peut y avoir de sortie de l’islam politique, donc de l’islamisme, que si les musulmans réforment leur religion pour la séparer de sa dimension politique. C’est-à-dire quand l’islam sera une religion seulement et non une religion et en même temps une organisation sociale.
En France, il faut commencer par sortir du concept d’islamisme tel qu’il a été forgé par les universitaires, c’est-à-dire comme islam politique qui n’aurait aucun lien avec l’islam, car il serait un mouvement contemporain. Cette définition de l’islam politique n’a aucun fondement ni historique ni théologique.
Le concept d’islamisme tel qu’il a été forgé en France et répandu par la suite dans tout l’Occident constitue un obstacle à l’évolution de l’islam, c’est-à-dire à sa réforme, une réforme qui est orientée vers l’avenir et qui crée du nouveau en islam. Le concept de l’islamisme s’ajoute ainsi à la liste des obstacles épistémologiques et psychologiques que les musulmans ont mis en place dès le IXe siècle pour empêcher toute intervention de la pensée créatrice et rationnelle dans le domaine de l’islam.
Le concept d’islamisme tel qu’il est défini en France depuis 45 ans est l’un des meilleurs alliés de l’islam politique et du conservatisme islamique. Il faut rappeler que plus l’islamisme, ou l’islam politique, est conservateur, plus il pose problème dans nos sociétés actuelles.
Razika Adnani




