Critique de « l’argument du Coran » utilisé par lesmusulmans rigoristes, notamment contre les femmes



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Razika Adnani Critique de « l’argument du Coran »

En Algérie, les conservateurs et les extrémistes mènent une violente campagne contre les femmes, y compris les fillettes, afin de leur imposer des lois archaïques, discriminatoires et racistes, comme cela se produit dans de nombreuses sociétés musulmanes depuis l’essor de l’islamisme radical. En Libye, en juillet dernier, une vidéo montrant une femme fouettée en public pour adultère a circulé sur Internet. Quelques mois plus tôt, en novembre 2024, le ministre libyen de l’Intérieur avait annoncé son intention d’imposer le voile (hijab) aux femmes et aux filles dès l’âge de neuf ans. En Afghanistan, dès leur arrivée au pouvoir, les talibans ont promulgué des décrets privant les femmes de tous leurs droits fondamentaux. Auparavant déjà, en Iran et en Arabie saoudite, les mollahs et les wahhabites avaient imposé aux femmes des lois injustes. Dans toutes les sociétés musulmanes, lorsque les conservateurs et les extrémistes aspirent au pouvoir ou y accèdent, leur premier réflexe est d’imposer des lois toujours plus attentatoires à la dignité humaine, qui visent non seulement les femmes, mais aussi, dans une moindre mesure, les hommes, au lieu de rechercher des solutions aux problèmes politiques, culturels, économiques et sociaux.

L’argument du Coran

Pour légitimer leurs décisions, les islamistes fondamentalistes invoquent systématiquement « l’argument du Coran ».

Ils affirment vouloir appliquer les préceptes de la charia islamique, qu’ils considèrent comme des lois divines révélées dans le Coran, et soutiennent que tout ce qui y est énoncé doit être mis en application. C’est au nom du même argument que, par le passé, des religieux sont allés jusqu’à emprisonner des femmes à vie. Alors que les sociétés ont créé les prisons pour se protéger des criminels, des religieux musulmans y ont enfermé des femmes pour la seule raison qu’elles étaient des femmes, commettant ainsi un crime contre l’humanité.

C’est ainsi que, dans son ouvrage Comment se comporter avec le glorieux Coran ? Youssef al-Qaradawi répond à ceux qui appellent à l’abolition des inégalités successorales que celles-ci sont inscrites dans les textes coraniques et que les supprimer reviendrait à aller à l’encontre de la volonté de Dieu : « c’est donner à l’être humain le droit de corriger Dieu et de critiquer ses règles : il garderait ce qui lui plaît et annulerait, comme il le veut, ce qui ne lui plaît pas ». Cet argument est également repris par certains professeurs d’université. Ainsi, un professeur d’économie et de gestion d’une université algérienne a prononcé, dans une mosquée, un sermon dans lequel il affirmait que, si une seule épouse ne suffisait pas à un homme, celui-ci devrait en prendre une deuxième, puis, si cela ne suffisait toujours pas, une troisième et une quatrième. Il a ajouté qu’il savait que les femmes n’apprécieraient pas ces propos, mais que telle était la volonté de Dieu, exprimée dans le Coran.

Le discours de ce professeur comporte deux erreurs majeures. Premièrement, du point de vue de la doctrine islamique, nul ne peut prétendre connaître avec précision la volonté divine sans avoir acquis la science de Dieu et pénétré Son royaume. Or cette doctrine repose sur l’idée que la science et le royaume de Dieu sont des attributs qui Lui sont propres et qu’aucune créature ne partage. Deuxièmement, du point de vue de l’herméneutique, c’est-à-dire de la science de l’interprétation, on ne peut appliquer directement le Coran, mais seulement ce que l’on en comprend, d’autant que le discours coranique exige une interprétation, puisque la plupart de ses versets ne fournissent pas les détails nécessaires à leur mise en œuvre. Quant au « naql », mis en place par les premiers musulmans pour présenter leurs interprétations comme ayant un sens équivalent à celui du texte coranique, il relève de l’illusion. Le commentaire n’est pas équivalent au texte original, car la pensée n’est pas un appareil photographique qui saisirait le sens du texte coranique pour le transposer dans les commentaires. Dès lors, comment un professeur d’université enseignant les sciences peut-il ignorer cela ? Plus encore, comment peut-on être professeur d’université et enseigner les sciences — au sens épistémologique du terme — dans le respect d’un esprit scientifique fondé notamment sur l’objectivité et l’expérience, tout en étant imam, voire prédicateur religieux, dont le discours repose sur l’émotion et la subjectivité dans la défense de la religion, ou plutôt sur une manière particulière de la comprendre et de l’appliquer ? Quant à Qaradawi, qui présente l’abolition des inégalités successorales comme une transgression des commandements divins, il ne dit pas la vérité, puisqu’il sait que les musulmans ont négligé de nombreuses recommandations coraniques. Dès lors, ce qui est permis dans tous les autres domaines deviendrait impossible lorsqu’il s’agit des femmes ou, plus précisément, de préserver les privilèges masculins.

Argument invalide

En réalité, une simple comparaison entre la « charia pratique » — celle que les musulmans pratiquent — et la « charia coranique » suffit à montrer que les musulmans ont abrogé de nombreuses règles et interprété de nombreux versets d’une manière qui, c’est le moins que l’on puisse dire, ne correspond pas à ce que nous pouvons en comprendre. Par conséquent, appliquer le Coran n’a jamais signifié appliquer l’intégralité du texte coranique, ni exactement le Coran, puisque l’interprétation du Coran n’est pas le Coran lui-même ; cette distinction est essentielle. L’affirmation des conservateurs et des rigoristes selon laquelle « les règles du Coran doivent être appliquées », notamment lorsqu’il s’agit des femmes, contredit non seulement l’histoire de l’islam et la réalité du droit islamique, ou « charia pratique », mais elle est également réfutée par le discours coranique lui-même. Le Coran reconnaît, dans au moins deux versets, l’existence de règles qui y sont mentionnées, mais qui ont été abrogées ou oubliées, c’est-à-dire qu’elles ne sont plus applicables. Il s’agit du verset 106 de la sourate 2, La Vache : « Si nous abrogeons un verset quelconque ou que nous le fassions oublier nous en apportons un meilleur ou un semblable Ne sais-tu pas que Dieu est omnipotent » et du verset 101 de la sourate Les Abeilles : « Et lorsque nous substituons un verset à un autre ». Il convient de noter que le Coran ne précise pas quelles sont ces règles ; autrement dit, il n’indique pas lesquelles sont abrogées et lesquelles les abrogent. Ce sont donc les religieux des premiers siècles de l’islam qui les ont déterminées.

Par exemple, les musulmans n’appliquent pas la règle énoncée au verset 105 de la sourate 5, La Table servie : «

Ô les croyants vous êtes responsables de vous-mêmes celui qui s’égare ne vous nuira point si vous avez pris la bonne voie » Ce verset leur enjoint de s’occuper de leurs propres affaires, de ne pas s’immiscer dans celles d’autrui et de répondre de leurs propres actes, non de ceux des autres. Ils ignorent également la liberté de croyance affirmée par plusieurs versets, notamment le verset 29 de la sourate 18, La Caverne : « celui qui le veut croit et que celui qui le veut mécroit », et le verset 256 de la sourate 2, La Vache : « Nulle contrainte en religion » Ils ont ainsi décidé de ne pas appliquer la règle énoncée dans ces deux versets, qui reconnaissent la liberté de croyance. Ils n’appliquent pas davantage le verset 58 de la sourate 4, Les Femmes : « Et lorsque vous jugez entre les gens jugez avec équité » Tant que les musulmans accorderont aux hommes davantage de droits qu’aux femmes, ils commettront une injustice envers celles-ci, car la justice suppose le rejet de toute discrimination fondée sur le sexe en matière de droits.

La question de la consommation d’alcool dans le Coran illustre une fois encore l’invalidité de l’argument selon lequel « ce qui est dans le Coran doit être appliqué », souvent invoqué par les musulmans pour justifier les privilèges masculins au détriment des femmes. Cet exemple montre qu’il ne suffit pas qu’une règle figure dans le Coran pour que son application soit obligatoire. Considérons les versets de la période médinoise : le verset 219 de la sourate 2, La Vache : « Ils t’interrogent sur le vin et les jeux de hasard dis Il y a en eux un grand péché et des bénéfices pour les gens mais leur péché est plus grand que leur bénéfice », ainsi que le verset 43 de la sourate 4, Les Femmes : « Ô vous qui croyez n’approchez pas de la prière en état d’ivresse afin que vous sachiez ce que vous dites » Aucun de ces versets n’interdit explicitement le vin. Le premier affirme que sa consommation constitue un péché, tout en lui reconnaissant un certain intérêt, tandis que le second interdit seulement l’ivresse au moment de la prière.

Mais les législateurs et les spécialistes du droit musulman ont décidé de ne pas retenir la règle énoncée dans ces deux versets et de la considérer comme abrogée par les versets 90 et 91 de la sourate 5, La Table servie : « sacrifices sur des autels de pierre et les flèches divinatoires ne sont qu’une souillure de l’œuvre de Satan éloignez-vous-en afin de réussir Satan ne veut que semer la discorde entre vous et la haine par le vin et les jeux de hasard et vous détourner de l’évocation de Dieu et de la prière » Bien que ces deux versets n’interdisent pas explicitement l’alcool, mais recommandent plutôt de s’en éloigner, ils ont été interprétés comme une interdiction. Le processus d’abrogation pose toutefois un problème majeur, car rien dans le Coran ne permet de déterminer quel verset en abroge un autre. De plus, si le verset abrogeant doit être celui qui a été révélé en dernier, la compilation du Coran en un seul livre ne respecte pas l’ordre chronologique de la révélation.

Le voile et l’argument coranique

Ce à quoi les musulmans fondamentalistes et traditionalistes sont le plus attachés est le voile, qui consiste notamment, pour la femme, à couvrir ses cheveux et, pour certains, son visage, alors qu’aucun verset coranique ne l’exige. Autrement dit, rien dans le Coran ne prescrit explicitement à la femme de couvrir ses cheveux ou son visage. Le mot « hijab », au sens de vêtement propre aux femmes, n’y est même pas employé. Ce sont les exégètes qui ont défendu cette interprétation. Quant au verset 31 de la sourate 24, La Lumière : « Et dis aux croyantes de baisser leurs regards de préserver leur chasteté de ne montrer de leurs parures que ce qui en paraît et de rabattre leurs voiles sur leurs poitrines », fréquemment invoqué par les défenseurs du voile comme preuve d’une prescription coranique, il demande aux femmes de couvrir le col de leurs vêtements ou, selon d’autres exégètes, leur poitrine ; il ne leur demande de couvrir ni leurs cheveux ni leur visage. Le mot « khimâr » ne signifie pas nécessairement « le foulard » : il désigne tout ce qui sert à couvrir, comme on peut le lire dans le Lisân al-‘Arab d’Ibn Manzour.

Toute personne sachant lire peut constater que le verset ne dit pas : « La femme doit couvrir son décolleté avec le foulard dont elle couvre ses cheveux », contrairement à ce qu’affirment ceux qui imposent le voile aux femmes. Il ne précise pas non plus que « les seules parures pouvant apparaître sont les mains et le visage ». Ces affirmations ont été formulées par les exégètes et les hommes de religion. Ainsi, une femme qui porte le voile, qu’elle couvre uniquement sa tête ou à la fois sa tête et son visage, se conforme aux prescriptions des hommes de religion, et non à une règle explicitement énoncée dans le Coran.

Quant au verset 53 de la sourate 33, Les Coalisés : « Ô vous qui croyez n’entrez pas dans les demeures du Prophète à moins que vous n’y soyez autorisés pour un repas ne soyez pas fureteurs Entrez lorsque vous y êtes invités retirez-vous aussitôt sans entamer de longues discussions car cela perturbe le Prophète qui éprouvera une gêne à vous le dire mais Dieu n’éprouve aucune gêne à dire la vérité Et si vous venez demander un ustensile aux femmes du Prophète faites-le derrière un hidjab rideau car cela est plus pur d’intentions pour ce qui est de vos cœurs et des leurs Il est inutile d’offenser le Prophète de même que jamais vous n’épousez ses femmes après lui car cela aurait des conséquences extrêmement fâcheuses auprès de Dieu », les religieux fondamentalistes l’invoquent pour imposer le niqab aux femmes, voire pour les confiner chez elles et les soustraire entièrement au regard des hommes. Or ce verset établit un rideau ou une séparation entre les épouses du Prophète et ses compagnons, qui prolongeaient leurs conversations avec elles, ce qui déplaisait au Prophète. Selon certains exégètes, cette disposition concernait Aïcha, sa plus jeune épouse. Ce verset ne s’adresse donc pas à l’ensemble des femmes musulmanes. Le Coran lui-même affirme au verset 32 de la même sourate : « Ô femmes du Prophète vous n’êtes comparables à aucune autre femme », indiquant ainsi que les épouses du Prophète ne sont pas semblables aux autres femmes. Pourtant, la majorité des musulmans ne tient pas compte de cette précision du Coran : les règles propres aux épouses du Prophète ne s’appliquent pas à toutes les femmes. Autrement, la disposition du verset 53 aurait cessé d’avoir un objet après la mort des épouses du Prophète et de ses compagnons.

Les hommes et l’obligation de baisser le regard

Le fait que certains musulmans aient confiné les femmes chez elles afin de les soustraire au regard des hommes — comme le font encore aujourd’hui les talibans — constitue une preuve supplémentaire qu’ils n’appliquent pas les prescriptions du Coran. S’ils appliquaient le verset 30 de la sourate 24, La Lumière : « Dis aux croyants de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté », qui ordonne aux hommes de détourner les yeux, ils n’auraient aucun prétexte pour enfermer les femmes chez elles ou envelopper entièrement leur corps de tissu. Aujourd’hui, dans les sociétés islamiques, le harcèlement, qui se manifeste notamment par l’insistance du regard porté sur le corps des femmes, est devenu un comportement très répandu chez les hommes dans l’espace public. En Égypte, pays à majorité musulmane et conservatrice, 99 % des filles et des femmes ont déclaré avoir subi du harcèlement sexuel dans la rue, selon une étude publiée par ONU Femmes et l’organisation non gouvernementale Promundo. De même, la surveillance de la tenue et des déplacements des femmes est devenue l’une des principales préoccupations des islamistes fondamentalistes.

Il convient de souligner que la plupart des exégètes se sont bornés à affirmer que l’homme ne devait pas regarder ce qui, d’une manière générale, lui était interdit, sans mentionner expressément la femme, alors même que les versets 30 et 31 portent sur les relations entre l’homme et la femme ainsi que sur les questions sexuelles. Ce verset invite donc les hommes à baisser le regard devant les femmes, tout comme il leur demande de préserver leur chasteté. Pourtant, ceux qui veulent imposer le voile aux femmes prétendent que l’homme est incapable de maîtriser son désir sexuel et que la femme n’aurait d’autre moyen de se protéger de ses agressions que de dissimuler son corps à son regard. Cette idée contredit entièrement le verset 30 de la sourate 24, La Lumière, qui ordonne à l’homme de préserver sa chasteté.

En réalité, si les musulmans appliquaient le verset 105 de la sourate 5, La Table Servie, selon lequel ils ne sont responsables que de leurs propres actes et non de ceux d’autrui, ils n’interviendraient pas puisque le Coran leur dit : « Vous êtes responsables de vous-mêmes ».

Ainsi, bien que la peine de flagellation soit énoncée dans le Coran : « La fornicatrice et le fornicateur fouettez chacun d’eux de cent coups de fouet » (verset 2, sourate 24, La Lumière), une personne, même très religieuse, n’est pas tenue — comme l’ont fait les fondamentalistes en Libye — d’appliquer cette peine, qui constitue une forme de torture et une atteinte à la dignité humaine. D’autant que les musulmans n’appliquent pas toutes les dispositions du Coran. Ils ont donc, sur les plans religieux et pratiques, la possibilité de ne pas mettre en œuvre les règles qui portent atteinte à la dignité humaine, dignité que le Coran affirme au verset 70 de la sourate 17, Le Voyage nocturne : « Certes nous avons honoré les enfants d’Adam » Il convient également de rappeler que le verset 2 de la sourate 24, La Lumière prévoit la même peine pour l’homme et pour la femme coupable de fornication. Pourtant, les extrémistes qui l’ont appliquée en Libye ne l’ont infligée qu’à la femme, comme l’ont rapporté les médias, ce qui montre que cette application visait davantage à réprimer et à humilier la femme qu’à appliquer le Coran.

Cette analyse révèle que le problème posé par les islamistes extrémistes, qui menacent l’ensemble des progrès sociaux, humains et moraux accomplis par les sociétés musulmanes entre le XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle — notamment les acquis des femmes — réside davantage dans leur culture, leur morale et leur psychologie que dans les textes coraniques eux-mêmes. Ils instrumentalisent le Coran pour imposer leurs lois misogynes, mus par une volonté d’humilier et de dominer les femmes. L’existence de recommandations coraniques ne les a pas empêchés de les négliger lorsqu’ils les jugeaient inutiles pour leurs intérêts et leurs objectifs sociaux. Dominer les femmes leur procure une illusion de supériorité, nécessaire pour compenser leurs insuffisances dans tous les domaines : scientifique, technologique, politique, intellectuel, culturel et moral.

La personne qui veut véritablement et sincèrement appliquer la religion commence par en respecter elle-même les préceptes avant de les imposer à autrui. Elle est constamment en quête de vérité et s’examine sans cesse par crainte de l’erreur, ce qui constitue un rempart contre la tentation d’imposer aux autres ses lois et son interprétation de la religion. Les extrémistes, au contraire, se considèrent comme les détenteurs de la vérité et estiment que quiconque défend une conception différente de la religion est dans l’erreur, voire infidèle.

Cette analyse montre également que l’islam défendu par les islamistes et les extrémistes n’est pas une fatalité : les musulmans peuvent vivre leur religion d’une manière totalement différente de celle que leur dictent les intégristes et les salafistes fondamentalistes. S’agissant du Coran, texte fondateur de l’islam, ils peuvent choisir les versets qui ont une dimension humaniste — qui y sont présents — et écarter ceux qui sont incompatibles avec notre époque et nos valeurs humaines. Ils peuvent, par exemple, choisir de respecter la dignité humaine, mise en avant par le Coran, plutôt que d’appliquer le châtiment de la flagellation, également mentionné dans le texte. Rien, sur le plan religieux, ne l’interdit. Le Coran lui-même reconnaît le principe de l’abrogation, notamment pour sortir de la situation où deux recommandations contradictoires existent au sujet d’une même question. De même que les premiers musulmans choisissaient les règles conformes à leurs valeurs et à leur culture, les musulmans d’aujourd’hui ont le droit de retenir celles qui s’accordent avec les leurs. De même que les premiers musulmans interprétaient le Coran selon leurs valeurs intellectuelles, sociales et morales, les musulmans d’aujourd’hui ont le droit de l’interpréter à la lumière des leurs. Cette réforme, qui est orientée vers l’avenir, est non seulement nécessaire aujourd’hui, mais elle est un acte de responsabilité envers les musulmans et envers l’humanité. La seule condition est de rompre avec le culte du passé et avec l’islam des anciens.

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