ما هو التفکیر ومتی یحدث؟ Qu’est-ce que la pensée et quand l’acte de penser se produit-il ?

التفكير نشاط تقوم به النفس وإن كان ليس نشاطها الوحيد. لذلك فإن ما يميز التفكير عن غيره من النشاطات التي تقوم بها النفس هي تلك الأفكار التي تتولد من عملية التفكير. يحتاج الفكر لكي يقو م بوظيفته أي التفكير إلى مثير (والفكر ينتقل من مثير إلى مثير). وحتى يثير الموضوع عملية التفكير ويكون موضوعا لها ، لا بد أن يظهر على شكل مشكلة أو عقدة، ولا بد أن يشعر الشخص بتلك مشكلة. فالمشكلة التي لا نشعر بها لا تعد مشكلة بالنسبة لنا. ولكن الشعور بالمشكلة لا يكفي إذ لا بد أن يصحبه شعور برغبة أو ضرورة في إيجاد حل لها. لأن المشكلة التي لا يليها هذا الشعور لا تشد الذهن ولا تثير التفكير.
إن الرغبة في الوصول إلى الحل هي التي تدفع النفس للبحث من أجل التخلص من المشكلة وتخلق تلك المعاناة الفكرية التي لا تنتهي إلا ببلوغ الحل. فتبلغ النفس بذلك الراحة التي تسعى إليها باستمرار. تزداد شدة المعاناة الفكرية بزيادة تعقيد المشكلة وصعوبة الوصول إلى الحل. لذلك فالمعاناة الفكرية التى نشعر بهاء لما نريد أن نعرف مثلا على أية ساعة بالضبط يجب أن نخرج من المنزل حتى لا نصل متأخرين إلى العمل» ليست كالمعاناة الفكرية التي نشعر بها عندما نتساءل مثلا إذا كانت العدالة حلما مكن التحقيق ام حلما مستحيل التحقيق. ومهما كانت هذه المعاناة النفسية» شديدة أو خفيفة بدونها لا يكون التفكير ولا الإنتاج الفكري.
2011 رزيقة عدناني، تعطيل العقل في الفكر الإسلامي، إفريقيا الشرق
« في كتابي «الخروج من الإسلام السياسي»، الصادر سنة 2024، أوضّح أنه من أجل إصلاح الإسلام — والمقصود هو الإصلاح المتوجّه نحو المستقبل والذي يجعل من القيم الإنسانية أسساً له — يجب الوعي بوجود المشكلات المطروحة في الإسلام. ولهذا السبب رفضتُ مفهوم «الإسلاميزم» مثلما صاغه الجامعيون في فرنسا الذي قدّموه بوصفه مرادفاً للإسلام السياسي وسبباً لجميع المشكلات مؤكدين أنه لا صلة له بالإسلام. إن مفهوماً كهذا لا أساس له في الفكر الإسلامي ولا في تاريخه، كما أنه يحول دون نشوء هذا الوعي بوجود المشكلات في الإسلام، وهو وعي ضروري لإيجاد الرغبة والإرادة في البحث عن حلول لها، ومن ثم إحداث هذا الإصلاح التطوري للإسلام. »
رزيقة عدناني
Traduction
Qu’est-ce que la pensée et quand l’acte de penser se produit-il ?
La pensée est une activité de l’esprit, bien qu’elle ne soit pas sa seule activité. Ce qui distingue donc la pensée des autres activités de l’esprit, ce sont les idées qui résultent de l’acte de penser. Pour remplir sa fonction, c’est-à-dire penser, la pensée a besoin d’un stimulus. Elle passe d’un stimulus à un autre. Pour qu’un sujet déclenche le processus de réflexion et en devienne l’objet, il doit se présenter sous la forme d’un problème ou d’une difficulté, et la personne doit en avoir conscience. Un problème dont nous n’avons pas conscience n’en est pas un pour nous. Toutefois, la prise de conscience de l’existence du problème ne suffit pas ; elle doit s’accompagner du désir ou du besoin de lui trouver une solution. En effet, un problème qui ne suscite pas ce sentiment ne retient pas l’attention de l’esprit et ne provoque pas le processus de réflexion.
C’est le désir de parvenir à une solution qui pousse l’individu à entreprendre une recherche, afin de résoudre le problème, et qui engendre la tourmente intellectuelle, laquelle ne prend fin qu’une fois la solution atteinte. L’âme accède alors au soulagement qu’elle vise continuellement. L’intensité de la tourmente intellectuelle augmente avec la complexité du problème et la difficulté de parvenir à une solution. Ainsi, la tourmente intellectuelle que nous éprouvons lorsque nous voulons savoir, par exemple, à quelle heure précise nous devons quitter la maison pour ne pas arriver en retard au travail, n’est pas comparable à celle que nous ressentons lorsque nous nous demandons, par exemple, si la justice est un idéal réalisable ou un rêve inaccessible. Quelle que soit cette souffrance psychique, intense ou légère, sans elle il ne peut y avoir ni processus de réflexion ni production intellectuelle. processus de réflexion ni production intellectuelle
Traduction d’un extrait tiré de l’ouvrage de Razika Adnani Le blocage de la raison dans la pensée musulmane, publié en 2011 au Maroc par Afrique Orient.
« Dans mon ouvrage « Sortir de l’islamisme », publié en 2024, j’explique que, pour réformer l’islam — il s’agit d’une réforme orientée vers l’avenir et fondée sur les valeurs de l’humanisme —, il faut prendre conscience des problèmes qui se posent en islam. C’est la raison pour laquelle j’ai rejeté le concept d’islamisme tel qu’il a été élaboré en France par les universitaires. Ils l’ont présenté comme un synonyme de l’islam politique et comme la cause de tous les problèmes, tout en affirmant qu’il n’avait aucun lien avec l’islam. Un tel concept n’aucun fondement ni théologique ni historique ; en outre, il fait obstacle à la prise de conscience des problèmes qui se posent en islam. Or, cette prise de conscience est indispensable pour susciter le désir et la volonté de leur trouver des solutions, et donc de réformer l’islam. »
Razika Adnan