Une approche philosophique de la violence et de la modernité

Journal Liberté

CULTURE

Le café littéraire de Béjaïa a reçu, samedi dernier, au théâtre régional Malek-Bouguermouh Razika Adnani, ancienne professeur de philosophie, qui est venue présenter son dernier ouvrage la Nécessaire réconciliation(éditions Dalimen). Dans son exposé, l’invitée de cette rencontre expliquera son approche philosophique à travers laquelle elle a su développer une réflexion sur la violence, la modernité, la relation que nous entretenons avec l’autre, avec nous-mêmes et avec notre histoire. Évoquant le révisionnisme, elle estime que “c’est toute notre histoire qui devrait être révisée”, ajoutant que “l’Etat a un grand rôle à jouer dans cette optique”. Il s’agit, en fait, d’instaurer un Etat de droit, où le citoyen doit se réconcilier avec son histoire. “Le droit étant le facteur de paix, constitue le principe fondamental d’un Etat moderne”, a-t-elle soutenu.

La réconciliation nécessaire dont parle l’oratrice dans son livre reste tributaire d’un bon nombre d’efforts à consentir. Pour elle, si cette réconciliation avec nous-mêmes et avec notre histoire est primordiale, elle est insuffisante pour construire l’Algérie dont nous rêvons. Revenant sur le développement des pays occidentaux, Mme Adnani déplore le fait qu’“on a créé une barrière entre la modernité et les pays musulmans”. 
Ce clivage historique entre les deux parties trouve son origine dans leurs valeurs socioculturelles qui sont diamétralement opposées, puis  le concept de la modernité est perçu par les pays musulmans comme un danger qui menace leurs régimes tyranniques et théocratiques. 
Selon la conférencière, l’ambiguïté entre la modernité et les traditions provoque la violence.

Se voulant plus explicite, elle précise que la religion est incluse dans les traditions, c’est pour cela qu’elle préfère utiliser le mot “traditions”. Pour elle, “la modernité ne veut absolument pas dire nouveau, actualité… mais plutôt la maturité de l’être humain. La démocratie, la laïcité, la liberté d’expression, la justice sociale… sont autant de principes de la modernité”. Quant à la violence, explique-t-elle, celle-ci se présente sans gêne dans la famille, dans la rue, dans le milieu professionnel, à l’école… Allusion faite ici à toutes les formes de la violence (violence conjugale, violence physique, violence verbale, violence symbolique…).

Lors des débats, Mme Adnani a survolé la sublimation de la violence, estimant que “l’Etat, à travers les individus qui la représentent, reproduit naturellement les mêmes idées que la société dont il est issu”. Faisant un parallèle entre l’homme et l’animal, elle affirme qu’“il n’y a que l’être humain qui aime faire du mal et devenir violent. L’animal, par contre, ne recourt à la violence que lorsqu’il a faim ou quand il doit se défendre”. Afin d’étayer ses propos, l’oratrice citera, à titre d’exemple, le cas des élèves ayant recouru à la violence lors des examens de l’année passée, pour obtenir le bac. Voilà une des meilleures illustrations d’un cas flagrant de violence aveugle qui hante notre société.

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