Le journal des idées  » Les défis de la réforme de l’islam »

Et si « la culture de l’excuse, le fruit le plus mûr du complexe occidental » tend à ramener l’analyse du jihadisme aux conditions sociales de son essor, nombreux sont ceux qui s’élèvent contre cette interprétation « victimisante Pour la philosophe et islamologue il convient en outre de ne pas restreindre à la France ou à l’Europe l’analyse d’un phénomène né d’abord dans les pays musulmans. Selon elle, aujourd’hui « le radicalisme et le salafisme qui montent en Europe sont davantage une cause de la problématique de l’intégration qu’une conséquence », la stratégie de ces courants étant de « culpabiliser » les croyants en présentant l’intégration comme une « trahison » et une forme d’impiété, même si « le fondamentalisme islamiste qui crée le problème de l’intégration, l’utilise en même temps pour se renforcer ». Et face aux dénégations qu’on peut entendre à chaque nouvelle explosion de violence – « cela n’est pas l’islam » – elle insiste sur la nécessité d’une prise de conscience collective et d’une responsabilisation des musulmans face aux dérives du fondamentalisme. Par la connaissance et la critique des « failles et contradictions » du courant littéraliste auquel elle consacre un chapitre de son livre. Ainsi que par une évolution du rapport à l’autre dans nos sociétés et du regard porté sur lui.

Par Jacques Munier

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Razika adnani
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