« Algérie : l’islam et la démocratie » le journal des idées de Jacques Munier

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Menaces sur la Constitution

Une autre menace pèse sur la société algérienne, selon l’islamologue et philosophe Razika Adnani : « La mainmise des islamistes sur la Constitution ». Dans une tribune publiée sur son site, elle constate que « l’évolution de la Constitution algérienne à travers les différentes révisions révèle un renoncement, graduel mais systématique, aux droits de l’Homme, notamment la liberté de conscience et d’opinion ».

Les ennuis avec la justice algérienne de beaucoup d’hommes et de femmes, dont le dernier est Saïd Djabelkhir, se répètent et s’amplifient. Le délit est toujours le même : atteinte à l’islam conformément à l’article 144 bis du code pénal, ajouté en 2001.

Les concessions aux islamistes

Razika Adnani est membre du Conseil d’orientation de la Fondation de l’islam de France (présidée par notre confrère de Questions d’islam sur France Culture, Ghaleb Bencheikh). Elle vient de publier Pour ne pas céder (UPblisher) un recueil de textes sur l’islam et la société, (« le voile, la raison, la liberté, la laïcité ou le terrorisme »). Dans son analyse serrée des différentes versions de la constitution algérienne – six en tout depuis l’indépendance – elle met en lumière une dérive inquiétante de restriction de la liberté de conscience et d’expression, en particulier pour ce qui a trait à la religion. Et elle souligne qu’en outre le législateur « ne s’est jamais trop soucié de légiférer en cohérence avec la constitution ». Le code la famille, promulgué en 1984, en est un bon exemple, qui maintient les femmes en situation d’infériorité alors que la constitution stipule « l’égalité de tous les citoyens et citoyennes (en supprimant les obstacles qui entravent l’épanouissement de la personne humaine et empêchent la participation effective de tous à la vie politique, économique, sociale et culturelle) ». Dans sa dernière mouture de 2020, les droits humains ont disparu au profit de vagues « droits fondamentaux ». Et la liberté de conscience a été purement et simplement supprimée. Quant à la liberté d’expression, qui concerne aussi la presse, elle doit désormais s’exercer dans le respect « des valeurs religieuses, morales et culturelles de la nation ». Conclusion

Les islamistes ont profité de la réconciliation nationale voulue par Bouteflika pour soumettre les Algériens à leur volonté et aux lois de l’islam.

Jacques Munier, France Culture, Le journal des idées

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