Roubaix et les poupées sans visage, la réponse ne peut pas être que politique -Le non-sens du discours religieux

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Le reportage de « Zone interdite » sur l’islam radical, diffusé sur M6, a révélé une réalité terrifiante :  en France, un islam intégriste, celui des wahhabites et des talibans, trouve un terrain favorable pour se propager. Les images des poupées sans yeux et celles des filles et garçons séparés à l’école sont celles qui ont le plus choqué. Mais, limitant son propos, le reportage s’est concentré sur les « réponses de l’État » face à cette situation. Or, la lutte contre le discours intégriste ne peut pas être que politique : il est impératif de l’affronter également sur le terrain de l’islam et de son histoire.

Précisons donc ici que l’interdiction de représenter des visages ou de dessiner des êtres vivants n’est mentionnée nulle part dans le Coran (bien qu’il ne suffît pas qu’une règle soit inscrite dans le Coran pour qu’elle soit applicable, les musulmans ne pratiquent pas toutes les règles coraniques). Les partisans de cette proscription s’appuient en réalité sur des recueils de paroles du prophète, les hadiths ; ils soutiennent qu’il y a eu un consensus des hommes de la religion affirmant une telle interdiction. Or, les hadiths ont été rédigés 150 ans environ après la mort du prophète par des hommes qui n’étaient pas à l’abri de l’erreur ; y compris Muslem (821-875) et Boukhari (810-870), dont les recueils sont considérés comme authentiques. Par ailleurs, invoquer le « consensus » pour imposer aujourd’hui comme des vérités absolues des idées et des positions d’hommes remontant au premier siècle de l’islam est inadmissible.

Pour une grande partie des musulmans, tout ce que l’islam interdit, c’est de se prosterner devant une statue ou une image. Les représentations n’ayant pas vocation à être divinisées ne sont en revanche nullement proscrites. L’art islamique – notamment les miniatures persanes, où figurent des personnages de l’islam, y compris le prophète lui-même – en fait foi.

Les musulmans radicaux justifient leur démarche par le principe de l’unicité : dessiner un être humain ou le représenter reviendrait à vouloir rivaliser avec le Dieu créateur. Selon eux, le jour du Jugement dernier, Dieu défiera celui qui a dessiné des personnes ou des animaux en lui demandant de donner, s’il en est capable, une âme à son dessin. N’est-ce pas plutôt cet anthropomorphisme, consistant à présenter Dieu comme un vulgaire humain s’offusquant que son voisin ait voulu rivaliser avec lui, qui porte atteinte à l’unicité divine ?

Quant à la séparation entre les filles et les garçons, les musulmans qui veulent imposer la non-mixité invoquent le verset 53 de la sourate 33, Les Coalisés : « Si vous venez leur demander un ustensile, faites-le derrière un rideau ». Or, ce verset, adressé aux compagnons du prophète, concerne uniquement les femmes de ce dernier. Une petite fille n’est pas une épouse du prophète et son petit camarade n’en est pas davantage un compagnon.

On peut enfin noter que ce même verset interdit aux femmes du prophète de se remarier après lui. Cette proscription n’a pas pour autant été étendue à toutes les femmes musulmanes. C’est la preuve que les religieux non seulement se contredisent dans leurs propos, mais en réalité font un peu selon leur intérêt.

Razika Adnani

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2 Commentaire(s)

  1. boudjelal m'hamed dit :

    EN rentrant dans ce genre de débat les intégristes finiront toujours par vaincre leurs contradicteurs, ils ont du bagage dogmatique rhétorique et un pléthorique de réponses prêtes a donner .il faut séparer le religieux idéologique du politique et de l »épistémologique relatif ..La religion doit être une conviction et affaire personnel et c’est l’état qui doit imposer cet alternative par la force..il fait aussi incriminer l’inculpation par l’atheiésme تجريم التكفير car c’est l’epouventail que les intégristes brandent a leur adversaires adversaires

  2. Bouda Karim dit :

    Le terrain social est miné depuis plus de 20 ans en France et en Europe car on a accueilli pour des motifs humanitaires ou référants aux droits de l’homme des islamistes qui ont poursuivi leur œuvre auprès des habitants des banlieues dans un premier temps.
    Revêtus d’une aura de moujahidins, ils ont su s’ancrer dans les territoires profitant par exemple en France des statuts associatifs et aussi organiser des partenariats financiers avec des donateurs fortunés du Golfe Arabo-persique et des partenariats politique avec des élus de gauche et de droite.
    J’ajouterais que progressivement à partir de 2007 les associations d’Education Populaire qui proposaient de la culture et des loisirs à l’Enfance et à la Jeunesse avec des valeurs laïques et républicaines se sont vues coupées des soutiens financiers des services de l’État et des solidarités nationales.
    En 2007 Nicolas Sarkozy laissait ainsi le champs libre à Qatar Fundation …

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