Penser l’islam
Il est indispensable de distinguer entre « penser » les sociétés musulmanes ou la civilisation musulmane et « penser l’islam ». Même si des liens existent entre les deux, on ne peut pas appeler l’étude des sociétés musulmanes, de la civilisation musulmane ou des activités de certains groupes musulmans en Occident « penser l’islam ».
« Penser l’islam », c’est penser la religion musulmane, c’est étudier les textes scripturaires de l’islam, les commentaires, la pensée juridique et théologique des musulmans et les différentes méthodes élaborées dans ces domaines ainsi que leur histoire. Un domaine très vaste qui est indispensable pour aborder intellectuellement l’islam autrement dit le « penser » pour le comprendre, savoir comment il s’est construit et saisir la relation que les musulmans entretiennent avec la vérité, avec leurs textes et avec l’autre.
Penser l’islam (l’aborder intellectuellement), c’est penser « la pensée musulmane « telle qu’elle s’est construite tout en s’interrogeant sur ses difficultés, ses erreurs et la possibilité ou les possibilités de faire autrement.
« Par pensée musulmane, on désigne tout ce que la pensée des musulmans a produit lorsqu’elle prend l’islam comme sujet d’étude, de recherche et de réflexion, c’est-à-dire l’ensemble des idées, des théories et des concepts mis en place ainsi que toutes les questions et les problématiques qui ont préoccupé les musulmans et qui sont à l’origine de ces idées, concepts et théories. L’expression « pensée musulmane » inclut également les commentaires, le droit, la théologie et les différentes méthodes élaborées par les musulmans dans le domaine juridique et exégétique ainsi que dans la science du hadith2. Nous en déduisons qu’à cette pensée musulmane revient un rôle important. » ( Razika Adnani, Islam : quel problème ? Les défis de la réforme, Upblisher, France 2017 et Afrique orient, Maroc, 2018.)
Razika Adnani
De 2014 à 2016 Razika Adnani a donné un cycle de conférence à l’université populaire de Caen sur le thème « Penser l’islam » et en 2018 àL’université Permanente de Nantes.
