Ces politiques qui veulent voiler les petites filles

En Occident et précisément en France et en Belgique, des politiques, femmes et hommes, défendent de plus en plus le voilement non seulement des femmes, mais aussi des petites filles. Ce fût le cas d’Éric Dupont-Moretti en 2021qui était alors ministre de la Justice de la République française, du député bruxellois, Fouad Ahidar, de l’ancien ministre de la République française Dominique De Villepin. Ces derniers jours, c’était aux membres du parti politique La France insoumise de le défendre après que des petites filles voilées ont participé à des débats à l’Assemblée nationale. Tous ces politiques se sont retranchés, pour défendre cette pratique archaïque, derrière l’argument de la liberté de pratiquer sa religion. Pour eux, les musulmanes ont le droit de porter le voile tout comme les juifs portent la kippa et les chrétiens la croix.
Les petites filles ne choisissent pas de porter le voile
C’est que ces adeptes du voile oublient que liberté est avant tout un choix en connaissance de cause et que les petits enfants n’ont pas la maturité morale qui leur permettent cette connaissance. La société, consciente de cela, ne leur reconnaît pas la responsabilité juridique de leurs actes. Les premiers juristes et les philosophes musulmans ont eux-aussi considéré qu’un enfant n’était pas responsable de ses actes, car il ne disposait pas de la capacité morale lui permettant de choisir. Les petites filles ne choisissent pas de se voiler. Ce sont les parents qui décident de couvrir leur petit corps.
Les politiques doivent savoir que même quand il s’agit des femmes, le voile n’est pas un choix. Le discours religieux ne dit jamais aux femmes qu’elles peuvent choisir de le porter ou pas. Il leur dit toujours que c’est une obligation religieuse à laquelle elles doivent se soumettre. C’est en Occident que l’argument de la liberté est utilisé pour défendre le port du voile. Dans la morale musulmane, la valeur suprême est l’obéissance. Les musulmans se soumettent aux recommandations de Dieu, aux règles de la communauté et pour la femme elle doit également obéir à la volonté de son mari. Bien que plusieurs versets coraniques l’évoquent, le respect de la liberté ne fait pas partie des règles retenues par les religieux et les juristes musulmans.
Certes, certaines femmes affirment aujourd’hui, notamment en Occident, avoir choisi librement de se voiler. Cependant, le sentiment d’être libres n’est pas une preuve de liberté comme le rappelle bien le philosophe Spinoza. Quant pour Nietzsche, c’est l’habitude qui fait que l’être humain ne les ressent plus ses chaines et pense alors qu’il est libre. Si le voile n’est pas un choix pour les femmes, comment pouvait-il l’être pour les petites filles ? Par ailleurs, si le voile était réellement un choix, il n’aurait jamais pu concerner les petites filles qui n’ont pas atteint la maturité intellectuelle et morale leur permettant de choisir leurs actes, de décider elles-mêmes de se voiler ou non.
Le voilement des petites filles, une maltraitance infantile
Le voile des petites filles reflète les convictions des parents et non celle des enfants. Ceux-ci les exhibent fièrement couvertes de la tête aux pieds dans l’espoir d’obtenir la reconnaissance de leur communauté. Ils veulent également qu’on dise d’eux qu’ils contrôlent bien leurs filles, qu’ils ont la garantie qu’elles ne se révolteront pas demain contre leur autorité ou contre le port du voile. C’est une exploitation de l’enfant par des adultes qui ne pensent qu’à leurs intérêts personnels : donner aux autres des preuves de leur propre piété. La petite fille ne porte donc pas le voile pour elle-même, mais pour ses parents, pas pour ce qu’elle est aujourd’hui, mais pour ce qu’elle ne doit pas être demain. Entre-temps, le voile l’empêche d’être libre de ses mouvements, de jouer comme tous les enfants et de vivre pleinement son enfance. Parce que le garçon n’est pas soumis à la même obligation vestimentaire, la fille goûte ainsi très tôt à l’amertume de la discrimination et de l’injustice. Elle comprend dès son jeune âge que son corps pose problème et non celui de son frère, ce qu’elle vit avec une grande douleur même si elle ne sait pas l’exprimer. Ainsi, le voile est une maltraitance physique et psychologique de la petite fille. Il lui vole son enfance, nuit à sa santé, le corps a besoin de rayon de soleil, et entrave son développement et son épanouissement moral et physique. Sans oublier que tout le discours sur le voile concerne le corps et la sexualité. Les musulmans extrémistes qui justifient le voilement des petites filles affirment que les parents doivent voiler leur petite fille à partir de 9 ans, voire de 7 ans, s’ils estiment que son corps peut susciter le désir sexuel de l’homme. Un tel discours pédophile est facilement accessible sur beaucoup de sites religieux.
Comment des politiques peuvent-ils, dans nos sociétés dites civilisées, accepter la maltraitance de l’enfant et le discours pédophile au nom de la religion ? La religion peut-elle tout permettre ? Demain, nos politiques défendront-ils l’esclavage au nom de l’islam ? Diront-ils également (c’est ce qu’ils ont dit au sujet du voilement des petites filles) qu’il faut laisser les musulmans tranquilles, car ils ne font qu’appliquer leur religion étant donné que 24 versets coraniques reconnaissent l’esclavage et qu’il est admis et codifié dans le Droit musulman ? Diront-ils demain qu’il faut accepter le châtiment de la main coupée si des fondamentalistes revendiquent de le mettre en pratique ? Après tout, c’est un châtiment qui est recommandé explicitement par le verset 38 de la sourate 5, La Table Servie : « Au voleur et à la voleuse il faut couper la main en guise de punition pour leur forfait ce châtiment vient de Dieu ». Manon Aubry dira-t-elle « Foutez la paix aux musulmans », comme c’est le cas pour le voile et notamment le voilement des petites filles ?
Le voile n’est pas un signe religieux
Parce que c’est toujours au nom de la religion que le voile est imposé et défendu, il est important de rappeler, encore une fois, que le voile n’est pas une recommandation coranique ni islamique. Il existait avant l’islam pour des raisons purement sociales d’une part, et, d’autre part aucun verset coranique ne dit que la femme doit dissimuler sa chevelure alors que la dissimulation de la chevelure est la partie principale du voile de sorte qu’une femme qui ne dissimule pas sa chevelure n’est pas considérée comme voilée. Par ailleurs, les musulmans qui se veulent très strictes dans l’application des recommandations coraniques quand il s’agit du voile et des femmes en général, négligent beaucoup d’autres recommandations coraniques sans que cela leur pose une quelconque gêne.
Pour en finir, la religion ne peut pas être plus importante que le bien-être de l’enfant ou de la personne humaine. Elle ne doit pas être une excuse pour piétiner leurs droits. Un homme ou une femme politique ne doit pas accepter que les petites filles soient maltraitées. Son rôle est de les protéger.