La nécessaire réconciliation

« Appartenir à un pays, c’est appartenir à son histoire, à toute son histoire et non pas simplement à une partie de celle-ci ; c’est se sentir profondément ancré dans sa terre ».

J’ai consacré la seconde partie de ce livre à l’histoire et le problème identitaire au Maghreb. L’histoire d’un peuple est une partie de lui-même, de son identité. C’est ce que nous avons vécu dans le passé qui fait ce que nous sommes aujourd’hui. Les peuples du Maghreb ont longtemps renié leur histoire antique ce qui révèle une sous-estimation de soi.

Celui qui est atteint par ce complexe a des difficultés à entreprendre de grandes actions et à entretenir une relation sereine avec les autres qui commence inévitablement par une relation sereine avec soi-même. Reconnaître son histoire, avec ses moments de gloire et de défaite, est une façon de dire : « voilà ce que nous sommes et nous n’avons aucune raison d’en avoir honte ». Un peuple, tout comme une personne, a besoin d’être fier. La fierté (qui n’est pas l’orgueil) permet de marcher la tête haute et d’avoir la confiance et la volonté nécessaires pour avancer vers l’avenir. C’est dans ce sens que la décision de déclarer YENNAYER fête nationale est très importante d’autant plus qu’elle rappelle à tous les Algériens qu’ils sont un seul peuple avec la même histoire celle de la terre à laquelle ils appartiennent. Razika Adnani

Un peuple qui parle de son histoire et qui en ignore une partie est comme un individu qui, entrant quelque part, saluerait la moitié de l’assistance en évitant soigneusement l’autre. Son comportement serait pour le moins curieux. Éviter quelqu’un souligne un problème : on ne cherche à ignorer ou à oublier que ce qui provoque en nous une sensation d’inconfort ou de honte. Si le regard que nous portons sur notre histoire reflète celui que nous portons sur nous-mêmes, une telle attitude, alors que la question de la construction des pays du Maghreb est ardemment posée, doit être un vrai sujet de préoccupation[…] Maintenant, supposons que les Maghrébins arabophones soient réellement venus d’Arabie. Après tout chacun est libre de s’inventer les origines qu’il veut. Cela serait-il suffisant pour nier toute une partie de l’histoire du nord de l’Afrique ? Une telle question paraît inimaginable sauf à penser que, émigrés de la deuxième ou de la troisième génération, vivant en France par exemple, nieraient l’histoire de la France sous le prétexte que leurs parents sont venus d’ailleurs. Malgré l’attachement que nous manifestons à nos origines, nous appartenons à la terre qui nous accueille, au peuple qui nous adopte. Appartenir à un pays, c’est appartenir à son histoire, à toute son histoire et non pas simplement à une partie de celle-ci ; c’est se sentir profondément ancré dans sa terre. Extrait de l’ouvrage La nécessaire réconciliation

خصصت الجزء الثاني من كتابي  » المصالحة الضرورية » للمصالحة مع التاريخ التي هي بالنسبة لي ضرورية لأنها الشرط الأول للمصالحة مع الذات مع التاريخ .إن تاريخ شعب جزء من ذاته وعامل من العوامل المركبة لهويته. المصالحة مع الذات شرط ضروري لبناء النفس وإقامة علاقة وئام واحترام وسلم مع الآخر. لأنه لا ينكر تاريخه وبالتالي نفسه إلا من يحتقر تاريخه وبالتالي نفسه. والذي يحتقر نفسه لا يمكنه أن يقيم علاقة حسنه مع نفسه ومع الغير. لأنه إما أن يحتقر نفسه أمام هذا الغير فيعجز عن بناء نفسه، إما أن يعتقد أن الغير يحتقره فيتألم وقد يعبر عن ألمه بالعنف، وإما أن يحتقر من هم مثله فيسمح لنفسه بالإعتدء عليهم وممارسة العنف ضدهم. إن هذه الصورة السلبية التي لدينا عن أنفسها هي السبب الأساسي للكثير من مظاهر العنف التي يعاني منه مجتمعنا وسبب من أسباب عجزنا عن بناء أنفسنا. حقا لا يبني نفسه إلا من لديه ثقة في نفسه ولا تكون لشخص أو شعب ثقة في نفسه إلا إذا كانت له صورة إجابية عن نفسه. لكن المصالحة مع التاريخ لا تكون وسيلة لبناء الذات وإقامة علاقات حسنه بين الجزائريين إلا إذا عمت كل الجزائريين لأن هذا التاريخ هو لكل الجزائريين. فعام سعيد لكل الجزائريين.


Réflexion sur le fléau de la violence. Présentation de l’éditeur UPblisher
2e édition octobre 2017

À l’heure où la violence touche toutes les sociétés, cet ouvrage présente une autre analyse des causes qui permettent à la violence de se généraliser, à travers un nouveau concept celui de « la moralisation de la violence ». Razika Adnani prend l’Algérie comme exemple pour construire sa pensée. Elle aborde la question de la légitimité de la guerre de libération et réexamine le principe de « la violence justifiée ».

La question capitale est de savoir comment faire pour que la justification de la violence ne puisse jamais entraîner sa moralisation. Mais la guerre suffit-elle, à elle seule, à expliquer le phénomène de la violence ? Razika Adnani croise causes historiques et sociologiques. Elle met en avant le rôle fondamental de l’éducation et pose la question de la modernité confrontée à la tradition, avec des exemples concrets tels que la justification du « voile » ou la pratique de « l’œil indiscret ».

Enfin elle voit l’expression d’une souffrance, elle-même source de violence, dans le poids d’une histoire non assumée. Ainsi, elle nous entraîne au cœur des habitudes comportementales de la société algérienne pour nous aider à comprendre comment certaines d’entre elles peuvent devenir le terreau de la violence. L’Algérie partage une culture et une vision de l’avenir avec les autres pays arabes et arabophones.

Voilà qui permet de saisir des aspects importants du phénomène de violence sociale non seulement en Algérie mais aussi dans l’ensemble de ces pays. Razika Adnani construit sa réflexion dans la perspective de savoir si une meilleure relation avec l’autre et un meilleur partage de l’espace sont possibles. Elle s’interroge sur la relation qui existe entre l’image que nous avons de nous-mêmes et la violence faite à autrui.
Cet ouvrage est un outil indispensable de lecture du monde et un formidable message d’espoir.

Réflexion sur la violence et le problème identitaire au Maghreb. Un ouvrage publié en Algérie en 2013 par les éditions Dalimen, ensuite en France en 2014 par UPblisher.

Editeur en France
UPblisher, 2014
Deuxième édition : UPblisher 2017
Langue : Français
ASIN: B00P07HFN8

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