Des menaces insupportables contre Zineb

Les violences verbales et les menaces de mort lancées à l’encontre de Zineb al Rhazoui sont inacceptables et révoltantes. Elles le sont parce que la dignité humaine et la vie d’une personne sont sacrées et inviolables. Parce que les paroles d’une extrême violence que des personnes prononcent en se cachant derrière leur écran et leur pseudonyme montrent à quel point l’être humain est capable de monstruosité dès lors qu’il est seul avec lui-même ou qu’il pense échapper au regard d’autrui et à son jugement, ce qui est inquiétant.

Parce que dans un État de droit, dans une société civilisée, on ne menace pas les autres de les décapiter avec une hache, de les brûler ou de les pousser sous des trains parce qu’on n’aime pas ce qu’elles disent ou parce qu’elles ne pensent pas la même chose que nous. 

C’est le port du voile qui est derrière cette vague de menaces contre Zineb. Pourtant, Zineb n’a fait qu’exprimer ce qu’elle en pense. Ceux qui ne sont pas d’accord avec elle n’ont qu’à proposer des versets coraniques la contredisant. Ils n’ont qu’à présenter des argumentations rationnelles ou historiques lui démontrant son erreur. Ceux qui ne sont pas d’accord au sujet de ses propos sur « Imane » n’ont qu’à lui prouver qu’elle a tort. C’est avec l’argumentation qu’on défend ses idées, sa position et sa religion et non avec les menaces de mort. La plus belle idée au monde, la plus noble devient, hideuse et insoutenable dès lors qu’on veut la défendre par la violence et l’imposer par la force.

Le port du voile est encore considérée  par beaucoup de musulmans comme un devoir religieux incontournable. Pourtant, aujourd’hui tous les musulmans savent, sauf ceux qui ne veulent pas l’admettre, qu’elle n tient ni sur le plan moral ni historique ni religieux. Ils savent  que le présenter comme protecteur de la femme des agressions sexuelles des hommes est une tromperie. Ils savant qu’il s’agit d’une coutume sociale qui existait avant l’avènement de l’islam. Ils savent qu’il n’est ni un principe fondateur de l’islam, ni un principe de sa pratique. Ceux qui consultent le livre fondateur de l’islam, le Coran, savent que, bien que certains textes mentionnent une façon de s’habiller spécifique pour la femme, aucun verset n’évoque la chevelure de la femme ni lui recommande de la dissimuler. 

L’histoire contemporaine montre qu’avant que l’islam politique ne s’y répande, les sociétés musulmanes encourageaient les femmes à se libérer de cette pratique ancestrale patriarcale. En effet, sur les photos des années 1960 et 1970 des femmes dans les rues de Kaboul, d’Alger ou du Caire étaient en mini-jupe. Il y a ceux qui n’aiment pas entendre cela. Mais faut-il nier l’histoire pour leur faire plaisir et éviter leurs menaces ? Faut-il dire que les femmes sont nées avec le voile, que celui-ci est intrinsèque à leur existence, pour faire plaisir aux adeptes du voile ? Tout est possible puisqu’ aujourd’hui on voile les petites filles alors qu’elles prennent encore le biberon.  

Égypte albawaba.com

Alger

Si le voile a acquis une grande importance pour les islamistes et les conservateurs, c’est parce qu’il représente le meilleur indice de la réussite de leur mouvement politique. Comme tout mouvement politique, l’islamisme a besoin de s’imposer dans l’espace extérieur, ce que permet le voile mieux que tout étant donné que lafemme le porte dans l’espace extérieur et l’introduit partout.  

Cependant, le voile n’est pas condamnable parce qu’il est un emblème politique, mais parce qu’il est une pratique discriminatoire à l’égard de la femme. Il suffit de se rappeler qu’il est imposé à la femme alors que l’homme s’habille à sa convenance. Il est le signe d’un statut inférieur auquel la femme a été longtemps assignée. En France, il se heurte au principe de l’égalité entre les femmes et les hommes qui est une valeur morale et républicaine et un fondement de la justice sociale. Voilà pourquoi, le présenter dans une publicité a suscité des réactions. 

Ce n’est pas parce que la femme est une étudiante souriante, un professeur à l’université ou une cheffe d’entreprise que le voile qu’elle porte sur la tête change de discours, de sens ou d’objectif.

Razika Adnani 

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